L’Equipe.fr : Racing 92 – Finale sur mesure

Pour transporter ses joueurs, ses partenaires et ses supporters à Bilbao, le Racing 92 a fait appel à la société Stadium. Pas de victoire au bout mais une organisation bien rodée

Samedi, les supporters franciliens avaient fait le déplacement jusqu’au Pays basque pour soutenir les rugbymen du Racing 92.

BILBAO ( ESP) – Vendredi, à Bilbao, les supporters attablés aux terrasses portent sur le dos des maillots de Gloucester et de Cardiff. Dans quelques heures, l’équipe galloise va remporter le Challenge européen ( 31- 30). La majorité des supporters du Racing 92 n’arrivera que le lendemain, jour de match, pour la finale de la Coupe d’Europe de rugby face au Leins ter. Les joueurs, eux, sont là depuis jeudi. À l’hôtel Carlton, ils jouent aux cartes ou se font masser dans des salles aménagées. Dans le hall, Sylvain Fazilleau court partout. Il a cofondé la société Stadium ( appartenant au groupe Equator, spécialisé dans l’événementiel sportif et le déplacement de joueurs pros). Son téléphone ne quitte pas sa main. Son rôle : organiser la logistique et le déplacement de l’équipe, des partenaires et de certains de ses supporters, soit plus de 800 personnes. Tout ça pendant quatre jours, de l’arrivée des trente- neuf joueurs et du staff jeudi donc, jusqu’au retour le dimanche après- midi. Dans son équipe, dix salariés, épaulés par dix bénévoles. « Notre but est de répondre aux souhaits du club, notre client, et trouver des solutions à tout » , explique le cofondateur, aussi responsable de l’activité rugby.

Le Racing s’est qualifié le 22 avril, il a fallu tout organiser en trois semaines. Une fois l’avion ( spécialement affrété) réservé, il faut s’atteler à louer des chambres. « C’est trop risqué de réserver avant, mais on avait déjà jaugé la capacité hôtelière pour savoir vers qui se tourner » , explique Morgane Pouzadoux, responsable de l’hôtellerie. Stadium a l’habitude, l’entreprise accompagne le Racing lors des déplacements pendant la saison et s’est notamment occupée de la finale du Top 14 en juin 2016, jouée, et gagnée, à Barcelone face à Toulon (29-21).« Dans les délais impartis, on ne pourrait pas organiser un tel week-end seuls, confirme Julien Albi net, directeur général du Racing. Ils nous facilitent la vie, surtout pour des séjours en dehors de la France. » Le budget total se chiffre en centaines de milliers d’euros. Les supporters ont payé 700 euros, certains partenaires 350.

À8h 30 le samedi matin, les fans du Ra cingn’ ont pas encore décollé de Paris que l’équipe Stadium pénètre dans le stade San Mamés pour y déposer des drapeaux sur chaque siège, avant de filer à l’aéroport de Bilbao. Dans le hall, sur près de 300 mètres, quatorze bénévoles et hôtesses attendent l’atterrissage, pancartes à la main avec le nom des cars inscrits dessus, du nom des joueurs franci- liens. Le Boeing 747 a plus de trente minutes de retard, ce qui le fait atterrir presque en même temps que deux jets irlandais pleins, et perturbe un peu les employés de l’aéroport. « Je crois que c’est la deuxième fois seulement qu’un avion de plus de 500 personnes débarque ici » , glisse une agente.

Mille personnes pour la troisième mi- temps, open bar et 250 bouteilles de champagne

Rapidement, une flopée de foulards ciel et blanc envahit le hall. L’organisation est rodée, chacun se dirige vers son car, sous la grisaille espagnole. Direction les treize hôtels pour déposer les bagages. Faute de temps, la visite du musée Guggenheim prévue l’après- midi est annulée. Ce sera pour plus tard car tout le monde a rendez- vous au stade, dans l’antre de l’Athletic Bilbao. Les drapeaux aux couleurs du Racing s’agitent dans la partie basse de l’enceinte. « Pour une finale, c’est important d’être tous ensemble au même endroit, apprécie Antoine Perennou, qui suit le club depuis 2004. C’est aussi bien plus simple de partir en voyage organisé par le club, on n’a qu’à se laisser guider. »

Pour l’équipe de Stadium, le match représente le seul moment pour souffler, et profiter un peu du spectacle. « Si le Racing gagne, on aura un peu de temps avant de filer préparer la soirée » , précise Sylvain, assis près du terrain. Comme les supporters, ils applaudissent quand Iribaren marque ses pénalités et soupirent quand le Fidjien du Leinster Nacewa scelle le sort du Racing d’un dernier coup de pied ( défaite 15- 12). Mais, au coup de sifflet, avant même que Teddy Thomas, chouchou des supporters, ne s’écroule sur la pelouse, l’équipe de Stadium a déjà disparu. Nouvelle tâche : préparer la soirée d’après match qui doit se tenir au palais des congrès. Tapis rouge à l’entrée, la salle est prête à accueillir mille personnes, avec open bar et 250 bouteilles de champagne à sabrer. Tout s’enchaîne très vite pour les petites mains de l’organisation. Les premiers cars se garent sur le parking du palais, des navettes vers les hôtels sont prévues toutes les demi- heures à partir de 22 h 30. Sous une pluie fine, l’équipe Stadium se relaie toute la nuit. Leur mission ne s’est terminée qu’hier, dimanche, quand l’avion retour s’est posé à Orly. Le 26 mai, tout recommence : le Racing 92 joue sa demi- finale de Top 14 à Lyon, au Groupama Stadium.

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